Appel à la population : Une étude sur nos traditions funéraires à l'Université de Hearst

16 Mai 2013

Depuis une quinzaine d'années, le professeur Luc Bussières offre à l'Université de Hearst deux cours qui ont attiré tout près de 400 inscriptions: La mort et ses rites, d'hier à aujourd'hui et Questions contemporaines sur la mort et le deuil. Il a entretemps complété un doctorat sur l'évolution des rites funéraires dans l'histoire de l'humanité et a aussi mené une recherche sur les contrats d'arrangements funéraires préalables dans le Nord-Est ontarien.

Cet été, il entreprend une nouvelle recherche, cette fois sur les cartes funéraires (ou mortuaires), ces cartes de différents formats que les familles remettent aux gens venus exprimer leurs condoléances et leur soutien au moment de la mort d'un être cher. Voici ce qu'il mentionne au sujet de sa recherche : « Au Canada français, cette tradition de fabriquer et de distribuer ces cartes remonte à la toute fin du XIXe siècle. Si au départ les cartes étaient en noir et blanc et ne comportaient pas toujours une photographie du défunt, avec le temps les choses ont bien changé, autant pour le format des cartes que pour leur contenu : photographie, prières, messages personnalisés, symboles religieux ou autres. Pour le chercheur, pouvoir comparer ces cartes sur une période d'une centaine d'années nous en dirait long sur l'évolution de nos traditions funéraires dans la région, puisqu'elles constituent des traces matérielles et publiques que nous laissons de nos défunts ».

Entreprendre une telle recherche n'est cependant pas possible sans la collaboration des gens de la région. En effet, il n'existe pas actuellement de lieu où ces cartes seraient conservées et leur avenir est donc compromis. Elles appartiennent pourtant à notre patrimoine et ont le potentiel de nous apprendre des choses importantes sur l'évolution de notre relation avec la mort. Elles peuvent aussi constituer un outil intéressant pour des recherches d'ordre généalogique. Or, certaines personnes conservent précieusement ces souvenirs depuis des années et peuvent avoir accumulé des dizaines de ces cartes funéraires. Un appel est donc lancé à toute la population pour aider à constituer une banque régionale de ces cartes qui rendrait possible la recherche sur l'évolution de nos traditions funéraires et sur la généalogie. « Comme ces cartes constituent des souvenirs précieux pour les personnes qui les détiennent, ce que nous leur demandons, c'est de nous les prêter (nous en prendrons grand soin!) pour que nous puissions les photocopier ou les numériser et immédiatement les leur remettre. Dès lors, les cartes seront conservées dans une base de données à l'Université et elles pourront être consultées par la population, par la clientèle étudiante de l'Université ou par des chercheurs et des chercheuses. Ces cartes peuvent concerner des personnes nées ou ayant vécu dans la région de Hearst à Timmins, ou des personnes qui ont un lien quelconque (famille, amis, connaissances) avec des gens de notre région. Il peut donc s'agir de cartes de personnes du Québec, du Sud de l'Ontario ou d'ailleurs ».

Les personnes intéressées à collaborer à cette recherche en prêtant leur collection de cartes funéraires (peu importe que vous en ayez 10 ou 100), ou qui auraient des questions sur la recherche en cours, peuvent communiquer avec Luc Bussières à l'Université de Hearst au 705 372-1781, poste 249 ou avec Anthony Miron au poste 252. Les chercheurs peuvent au besoin passer chez les gens pour récupérer leurs cartes et pour les leur retourner.

Source : l'Université de Hearst