Biologistes traquent la bactérie de la fièvre Q

3 Juillet 2012

Une équipe de chercheurs en biologie de l’Université Laurentienne ont découvert des preuves importantes de la propagation de la bactérie zoonotique dans la faune du parc Algonquin.

 

Une zoonose est une maladie des animaux transmissible aux humains. La bactérie C. burnetii provoque la fièvre Q chez les humains, et a été détectée dans six des sept espèces de rongeurs sauvages examinées dans l’enceinte du parc Algonquin, y compris des écureuils roux, des écureuils volants et des souris sylvestres. Elle a aussi été repérée chez des écureuils volants de la région de Peterborough, ce qui indique qu’elle peut s’être propagée dans ces populations animales en Ontario.

 

Les chercheurs disent que la Coxiella burnetii se trouve généralement chez les petits ruminants des fermes, mais qu’il existe peu de connaissances sur sa transmission dans l’environnement naturel. Les chercheurs, dirigés par le titulaire d’une Chaire de recherche du Canada, M. Albrecht Schulte-Hostedde de l’Université Laurentienne, disent que leurs conclusions suggèrent que certains visiteurs du parc Algonquin risquent d’être infectés.

 

« Étant donné que la bactérie responsable de la fièvre Q peut rendre les humains assez malades, a déclaré M. Schulte-Hostedde, cette découverte est d'une grande importance. »

 

« Nous essayons de savoir comment la Coxiella burnetii survit et se propage dans l’environnement naturel, dit-il. Nous ne savons toujours pas si les espèces sauvages l’attrapent des animaux domestiqués et si cette bactérie mute lors du passage entre les espèces. À mesure que nous enrichirons nos connaissances à son sujet, nous comprendrons mieux les risques potentiels pour la santé humaine. »

 

M. Schulte-Hostedde est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écologie évolutive appliquée à l’Université Laurentienne. Entre autres sujets, il étudie les populations d’écureuils du parc Algonquin depuis plus de dix ans.

 

« Nous sommes en effet surpris de découvrir une telle prévalence de la Coxiella burnetii dans le Parc étant donné l’importance de la présence humaine dans la région, explique-t-il. Des centaines de milliers de visiteurs visitent ce parc chaque année. Par conséquent, il est rassurant de savoir qu’il n’y a pas de cas déclarés de fièvre Q dont l’origine serait dans le Parc. »

 

Les personnes atteintes de la fièvre Q attrapent habituellement la bactérie au contact de moutons, de chèvres ou du bétail. La maladie peut causer de la fièvre, des symptômes semblables à ceux de la grippe, et occasionnellement, une inflammation de la membrane du cœur et une insuffisance cardiaque. La dernière éclosion importante a eu lieu aux Pays-Bas en 2007 et s’est traduite par l’infection de plus de 2 000 personnes et l’abattage de milliers de chèvres.

 

Les résultats de l’étude des chercheurs de la Laurentienne sont publiés dans le dernier numéro de la revue scientifique Zoonoses and Public Health.

 

Source : l'Université Laurentienne