Un coup d’œil sur l’un des meilleurs collèges de recherche du Canada : le CCNB

13 Janvier 2016

De nombreux collèges canadiens ont élargi leurs missions — d’un côté, la formation axée sur l’emploi et, de l’autre, le développement économique de la région —, afin d’y intégrer des services industriels et des capacités de recherche fondés sur l’innovation et les besoins des entreprises. Au cours des dernières années, le gouvernement fédéral a offert un soutien financier accru aux collèges en question qui assument un plus grand rôle en recherche appliquée.

Au cours des dix dernières années, le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) a redoublé d’efforts pour soutenir et promouvoir les initiatives d’intégration et d’innovation des technologies dans le secteur industriel et le secteur de la fabrication de la province.

Aujourd’hui plus que jamais, le Collège s’engage à favoriser l’entrepreneuriat axé sur l’innovation dans la province du Nouveau-Brunswick et ailleurs. Opportunités NB (ONB) s’est récemment entretenue avec Sylvain Poirier (Ph.D.), directeur général de l’entrepreneurship et de l’innovation au CCNB, pour en apprendre davantage.

ONB : Pour soutenir sa mission, le CCNB est admissible à une variété de programmes de soutien fédéraux et provinciaux; pouvez-vous en dire davantage sur ces programmes?

Poirier : En effet, nous sommes admissibles aux programmes fédéraux créés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNGC) depuis 2009.Récemment, nous sommes devenus admissibles à une autre série de programmes créés par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH). Le Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) offre également un soutien par l’intermédiaire du Conseil national de recherches. De tels programmes ont été d’une aide précieuse aux collèges partout au pays comme le nôtre, qui désirent augmenter leur participation active aux recherches appliquées et aux services industriels.

Ici, au Nouveau-Brunswick, l’un de nos principaux partenaires stratégiques a été la Fondation de l’innovation du Nouveau-Brunswick (FINB), tout particulièrement grâce à son programme de bon de recherche pour l’innovation.

ONB : Pendant que nous sommes sur le sujet de la province, pouvez-vous nous en dire davantage au sujet de la participation du CCNB aux missions commerciales?

Poirier : Le gouvernement provincial a communiqué avec nous (par l’intermédiaire d’ONB) et avec l’APECA pour aider à organiser des missions commerciales que nous appelons « missions technologiques ». Nous les appelons ainsi parce que, dans notre cas, nous nous affairons à recruter des entreprises du Nouveau-Brunswick, à les emmener en Europe et à les accompagner à de grands salons technologiques. Nos spécialistes de l’industrie ont beaucoup d’expérience et ils aident les entrepreneurs et les propriétaires d’entreprises de notre région à prendre des décisions techniques et commerciales dans le cadre de ces missions. Nous faisons également beaucoup de suivis auprès de ces entreprises à leur retour. Depuis notre première expérience en 2012, nous avons mené quatre grandes missions commerciales, et d’autres pourraient poindre à l’horizon.

ONB : Pouvez-vous nous en dire davantage sur le rôle d’ONB par rapport au CCNB?

Poirier : Nos équipes collaborent grandement. Pour ne donner qu’un exemple récent parmi tant d’autres, il y a deux ans, ONB et l’APECA se sont alliées au CCNB pour lancer le Programme de soutien à l’innovation et à la commercialisation dans le secteur des produits du bois au Nouveau-Brunswick. Le bois à valeur ajoutée constitue un secteur important du Nouveau-Brunswick; l’intention était donc de stimuler l’innovation et d’augmenter l’efficacité technique et l’efficacité du marketing dans ce secteur. Ce programme a été offert jusqu’à l’été 2015. Il s’agissait d’une collaboration avec FPInnovations, un organisme sans but lucratif qui se spécialise dans les solutions pour le secteur forestier.Grâce à cette collaboration, FPInnovations a offert les services de deux des meilleurs conseillers industriels, spécialistes de la productivité et du marketing. 

Le CCNB n’a pas toujours joué un si grand rôle dans ce genre de projets, mais il assume maintenant un rôle de premier plan dans plusieurs initiatives du genre en faisant ce qu’il peut à divers niveaux du développement économique de la province.

ONB : Comment procédez-vous pour faire connaître tous les projets d’envergure du CCNB?

Poirier : Quand je suis arrivé au CCNB, j’étais responsable, entre autres, du développement international, de la formation sur une base contractuelle, de l’apprentissage en ligne et de la recherche appliquée.À un certain moment, je travaillais même dans le domaine du marketing. Je dois préciser que le financement que nous recevons du gouvernement provincial vise la formation; le financement offert dans les domaines comme la recherche appliquée et le marketing de ces services est très limité.

Peu avant de devenir admissibles au financement du CRSNG, nous nous sommes joints à Springboard Atlantique, consortium de collèges et d’universités. Grâce à lui, 120 000 $ de nos dépenses dans ce secteur sont admissibles. J’ai donc pu embaucher un agent de liaison de l’industrie et investir dans notre marketing. En définitive, l’adhésion à Springboard m’a permis de créer nos dépliants, nos fiches de renseignements et autre matériel de marketing. Ce nouveau matériel publicitaire peut être remis aux agents de l’industrie et illustre fidèlement ce que nous faisons exactement.

Nous tentons également de bâtir notre propre site Web bilingue séparément du site du CCNB, et ce site sera axé sur l’entrepreneurship et l’innovation. Ce projet est en cours d’élaboration au moment où nous nous parlons.

ONB : Avez-vous reçu des commentaires de l’industrie au sujet du programme d’études du CCNB comme tel?

Poirier : Pour chaque programme, nous avons des groupes de discussion que nous invitons à examiner le programme d’études et à faire part de leurs commentaires et suggestions. Des changements peuvent être apportés tout simplement à partir de ces commentaires. La nature des changements varie selon les gens qui assistent aux réunions et le nombre de changements déjà mis en œuvre. Si nous ne tenons pas vraiment compte de leurs commentaires et de leurs besoins, les représentants de l’industrie cesseront de participer. Donc c’est important pour nous de leur faire savoir que nous tenons compte de leurs suggestions.

Notre présidente-directrice générale, Liane Roy, voit également un rôle que peut jouer notre personnel qui n’a pas peur de mettre la main à la pâte, comme celui du Centre d’innovation et de transfert technologique des métaux (CITTM), qui peut contribuer au programme d’études étant donné que nous travaillons sur des projets concrets de l’industrie. Plutôt que de simplement laisser tous les choix concernant le programme d’études aux décideurs du milieu collégial, nous voulons que chacun s’engage. Le processus continue d’ailleurs d’évoluer.

Nous voyons des personnes qui quittent l’industrie et qui deviennent des instructeurs au CCNB. Le fait que notre personnel affecté à la recherche appliquée enseigne également des cours lorsque c’est possible devrait nous aider à gagner en autonomie.

ONB : En tant que directeur général de l’entrepreneurship et de l’innovation, que pensez-vous de ces domaines au Nouveau-Brunswick?

Poirier : Je crois que la notion d’innovation avait beaucoup d’importance il y a quelques années; maintenant, on parle aussi beaucoup d’« entrepreneurship » dans la province. Ces deux notions se complètent, et je cherche activement à concentrer nos efforts pour obtenir le meilleur de ces deux mondes.

D’excellentes initiatives d’entrepreneurship ont été lancées dans le sud de la province. Dans le Nord, nous avons du mal à tirer parti des programmes existants pour créer les nôtres. Nous ne sommes pas convaincus que tous les programmes dans le Sud peuvent s’appliquer facilement aux petites et moyennes entreprises du Nord. Par exemple, le secteur des TI de Fredericton est exceptionnel, et il existe beaucoup de soutien pour les entreprises en démarrage du secteur.Nous voulons servir de catalyseur pour réaliser le tout ici, dans le Nord; nous tentons donc de faire connaître l’excellent travail que nous faisons avec le CITTM, par exemple.

ONB : Peut-on dire sans se tromper que vous êtes optimiste quant à l’avenir du Nouveau-Brunswick et du développement économique dans la province?

Poirier : Tout à fait. Nous faisons un travail exceptionnel pour renforcer la capacité de recherche et développement de la province, et le CCNB fait maintenant partie des 20 meilleurs collèges de recherche du Canada. Cependant, ce que le gouvernement provincial et l’APECA veulent voir, ce sont de vrais produits et services issus de ces activités de recherche et développement. La prochaine étape est donc de renforcer la capacité de commercialisation de ces produits et services. Il faut être capable de dire que nous pouvons assurément lancer le produit ou le service ou d’abandonner tout simplement l’idée si le potentiel commercial n’est pas là. Nous devons nous concentrer sur l’acquisition d’une telle expertise.

Les collèges ont maintenant accès à des programmes du gouvernement fédéral, notamment les subventions d’établissement de centres d’accès à la technologie, qui peuvent nous aider à acquérir cette expertise, et nous prévoyons tirer davantage parti de ces programmes à l’avenir. Par exemple, nous avons reçu des fonds pour notre travail en biotechnologie à Grand-Sault, mais ce financement n’est pas renouvelable. Les subventions d’établissement de centres d’accès à la technologie sont renouvelables; tous les cinq ans, il faut présenter une nouvelle demande à cette fin. Nous n’avons pas besoin de personnel de laboratoire pour compléter notre travail biotechnique; il nous faut plutôt des gens qui peuvent faire bouger les choses du côté de la commercialisation.Nous allons faire la demande et devenir un excellent centre pour ce genre de travail. C’est très intéressant, et je crois que l’avenir du Nouveau-Brunswick est très prometteur. 

 

Source : CCNB