Des chercheurs d’Ottawa découvrent une nouvelle polythérapie contre le cancer

27 Janvier 2014

Selon la Société canadienne du cancer, le cancer est la principale cause – environ 30 % – de tous les décès au Canada. Malgré le besoin urgent de nouveaux médicaments efficaces, il demeure extrêmement difficile de développer des thérapies anticancéreuses rapidement. Des chercheurs d’Ottawa ont tenté de trouver un moyen d’exploiter les thérapies expérimentales actuelles, selon différentes combinaisons, pour accélérer la lutte contre le cancer. Or, selon un article paru aujourd’hui dans Nature Biotechnology (en anglais), des preuves scientifiques attestent l’efficacité d’une polythérapie spécifique.

« Cette nouvelle thérapie par association est très encourageante, et nous tentons maintenant de l’amener à l’étape des essais cliniques le plus vite possible », annonce le Dr Robert Korneluk, professeur éminent à l’Université d’Ottawa et chercheur principal à l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO). « Je suis convaincu que cette thérapie aidera les patients cancéreux; reste à savoir à quel moment elle deviendra une norme clinique. »

Des études produites un peu partout dans le monde ont déjà montré que deux immunothérapies étaient prometteuses. La première, appelée SMAC Mimetics, est une thérapie reposant sur les protéines inhibitrices de l’apoptose (PIA) qui s’attaquent aux gènes cancérigènes. Les PIA ont été découvertes au CHEO il y a 19 ans. La seconde, qui regroupe des thérapies utilisant des virus actifs (oncolytiques), est un domaine d’étude en plein essor à Ottawa. Ces deux immunothérapies sont à l’étape des essais cliniques. Bien que les résultats des essais soient encourageants, ni l’une ni l’autre, appliquée seule, n’a encore produit les effets escomptés. Cependant, une équipe de chercheurs dirigée par le Dr Korneluk a découvert qu’en associant la SMAC Mimetics à des virus actifs (ou même à d’autres immunostimulateurs non viraux), on renforçait les propriétés anticancéreuses de la thérapie, ce qui élimine les déficiences de chaque solution utilisée indépendamment.

« La polythérapie diffère passablement des traitements de chimiothérapie standards, qui ont des effets secondaires considérables, poursuit le Dr Korneluk. Nous avons plutôt cherché à combiner deux médicaments anticancéreux expérimentaux qui fonctionnent bien sur le système immunitaire. Les résultats de cette combinaison ont dépassé toutes nos attentes, sans compter que les tissus sains environnants n’ont même pas été altérés lorsque nous avons éradiqué les tumeurs. »

Dans certains cas, l’association SMAC Mimetics-virus a permis de réduire de 10 000 fois la quantité de virus nécessaires pour tuer une cellule cancéreuse. Cette combinaison pourrait diminuer de plusieurs années la période de développement clinique, ce qui accélérait l’accès à ces médicaments pour les patients. L’équipe de recherche estime que cette polythérapie conviendrait probablement mieux à des cancers et à des utilisations spécifiques. Par exemple, les tumeurs impossibles à enlever par la chirurgie, mais auxquelles on peut injecter un virus oncolytique, sont de bonnes candidates.

Cette étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada. Elle est aussi soutenue par des dons de la Fondation commémorative Lotte et John Hecht, de la Société canadienne du cancer, de la Fondation du cancer de la région d’Ottawa, de la Fondation médicale Kiwanis d’Ottawa et de la Fondation du CHEO. Dans le cadre des travaux qui ont mené à cette découverte, le CHEO a collaboré avec des chercheurs de deux instituts de recherche, celui de l’Hôpital d’Ottawa et celui de l’Hôpital pour enfants de l’Alberta.

Source : l'Université d'Ottawa