Grosse année pour Glendon

14 Janvier 2014

C’est possiblement dès septembre 2014 qu’un ou plusieurs nouveaux programmes en français – commerce, biologie, neuropsychologie, communications – pourraient être offerts au Collège Glendon de l’Université York, qui deviendrait la pierre angulaire du réseau d’enseignement postsecondaire franco-ontarien à Toronto et dans le Sud de la province. Ces quatre programmes seront tous en places d’ici 2016.

C’est ce qu’indiquait la semaine dernière en entrevue à L’Express le principal de Glendon, Kenneth McRoberts, dont le mandat de 15 ans prend fin en juin, et qui, avec l’inauguration il y a 2 ans d’un superbe nouveau pavillon à l’entrée du campus, laissera à son successeur une institution plus forte que jamais.

Démographie

Ces développements s’inscrivent dans la foulée des récentes initiatives gouvernementales et communautaires visant à favoriser l’accès des jeunes francophones de Toronto et du sud de l’Ontario aux études postsecondaires en français.

Car c’est précisément à Toronto et dans le Sud de l’Ontario, entre autres à cause de l’immigration, que la francophonie ontarienne, historiquement enracinée dans l’Est et dans le Nord de la province, enregistre sa plus forte croissance.

«Et c’est à Toronto et dans le Sud de la province qu’on trouve la plus grande proportion de jeunes francophones qui poursuivent des études postsecondaires», note M. McRoberts. Évidemment, ils les poursuivent surtout en anglais dans la région ou en français à Ottawa ou au Québec.

Mais cela pourrait évoluer rapidement grâce aux nouveaux programmes qui seront offerts à Glendon, s’ajoutant à ses programmes actuels (langues et sciences humaines) et à ceux du Collège Boréal et de la Cité collégiale (technologies et arts appliqués) qui continuent eux aussi d’augmenter.

Analyse et désignation

«C’est un moment important pour Glendon», se réjouit M. McRoberts. Le Plan d’action de 16,5 millions $, dévoilé l’automne dernier par le gouvernement provincial, comporte d’ailleurs spécifiquement une analyse des capacités physiques et académiques du Collège Glendon, qui devrait être complétée au printemps.

Glendon reste un campus bilingue, dont la majorité des étudiants sont anglophones et suivent leurs cours en anglais. L’Université York a cependant déjà approuvé une demande de «désignation partielle» du Collège Glendon sous la Loi des services en français, qui affirmerait et garantirait son mandat francophone.

Gouvernance francophone

C’est au printemps que le RÉFO (Regroupement étudiant franco-ontarien), qui a tenu des audiences régionales sur le postsecondaire au cours de l’automne, organisera une séance plénière et proposera divers moyens de décupler l’offre de programmes collégiaux et universitaires en français à travers la province.

On sait déjà que la question «gouvernance» d’un éventuel réseau postsecondaire franco-ontarien sera au coeur des débats.

Glendon reste un campus de l’Université York, une institution privée, même si le Collège est de plus en plus autonome, notamment au chapitre des services aux étudiants. La désignation partielle du campus sous la Loi provinciale comporte également des implications en matière de gouvernance francophone, que York accepte.

«York est ouvert et sérieux envers Glendon», assure-t-il. «On s’en va vers un système budgétaire où Glendon aura le plein contrôle de ses revenus.»

Beau petit campus

Le petit campus actuel de Glendon, situé dans un magnifique boisé dans le secteur des avenues Lawrence et Bayview (dans la circonscription électorale de la première ministre Kathleen Wynne!) a cependant des limites physiques. On peut difficilement y bâtir plusieurs nouveaux pavillons; quelques étages de plus à chacun peut-être?

M. McRoberts rétorque que «des universités reconnues comme Bishop ou Mount Allison, qui accueillent environ 3000 étudiants comme Glendon, arrivent à offrir une gamme assez complète de programmes de premier cycle».

Glendon pourrait donc, dans quelques années, être plus qu’un embryon d’université franco-ontarienne ou un simple jalon d’un réseau éparpillé, il pourrait en être le coeur.

«Nous avons la capacité d’être le hub» du système postsecondaire de langue française dans le sud de l’Ontario, affirme le principal.

Source : l'Express de Toronto