La conciliation études, entraînement et vie familiale chez les élèves-officiers du CMRC

10 Mars 2014

Les élèves-officiers du Collège militaire royal du Canada assument d’importantes responsabilités. En plus d’exercer des rôles de leadership au sein de l’escadre des élèves-officiers, ils suivent un entraînement militaire, un entraînement sportif et apprennent une langue seconde. Et, bien que minoritaires, quelques élèves-officiers ont des responsabilités supplémentaires en tant que conjoints et parents.

« Les études au CMRC nécessitent beaucoup de temps, surtout dans les programmes de génie, et ce peut être tout un défi quand on doit se soucier de plus que soi-même », explique l’élève-officier Andrew Vickruck, un étudiant de 4e année en génie civil qui est marié depuis trois ans et a une fille de dix mois.

« Cela étant dit, c’est tout à fait faisable, selon moi, si je me consacre entièrement à mes études et à ma famille, ajoute l’Élof Vickruck. »

Les élèves-officiers qui ont des enfants sont rares et viennent tous de situations et milieux différents. Par exemple, l’Élof Matthew White-Crepeau, étudiant de 2e année en science politique et père de deux jeunes enfants. L’Élof White-Crepeau, originaire de Chambly (Québec), était fantassin au sein du Royal 22e Régiment et est parti en mission en Afghanistan à la fin des années 2000 avant de quitter les Forces armées canadiennes en 2009. L’Élof White-Crepeau s’enrôle à nouveau dans les FAC en 2012 pour étudier au CMRC, grâce au PFOR (Programme de formation des officiers de la Force régulière), poussé par son désir d’apprendre à un niveau supérieur.

L’Élof White-Crepeau dit apprécier ses années d’études au CMRC et précise que, bien que sa situation soit difficile, il n’est pas laissé à lui-même.

« Je suis tenu de faire à peu près tout ce que les élèves-officiers font, mais la communication est bonne avec ma chaîne de commandement; on m’accorde une meilleure marge de manœuvre parce que j’ai des enfants, ce qui veut dire que j’ai d’autres responsabilités qu’aller en classe et être à ma chambre pour des inspections, contrairement aux autres élèves-officiers, ajoute l’Élof White-Crepeau. »

La vie de famille n’est pas nécessairement un obstacle aux études au CMRC; l’Élof Vickruck décrit aussi certains des avantages qui se rattachent à sa situation.

« Les activités comme la course à obstacle en septembre et la cérémonie du crépuscule à la fin du printemps sont très agréables pour les enfants, remarque l’Élof Vickruck. En fait, toutes les activités sociales deviennent des sorties familiales. Par exemple, ma fille m’a accompagné à la chasse aux bonbons des 200 jours précédant la remise des diplômes, où nous, les étudiants de 4e année, allons demander des bonbons aux étudiants de 1re année. Ça a été très plaisant pour moi et pour ma fille, raconte-t-il en riant. »

L’Élof White-Crepeau convient qu’il y a des hauts et des bas, bien que ces défis soient le lot des membres des Forces armées canadiennes partout au pays.

« Pendant ma première année ici, j’étais dans les casernes, et mon épouse était à St-Hubert. Cette année, par contre, elle est ici et je suis davantage coupé du Collège en raison de mes responsabilités à la maison. C’est facile de voir que je ne communique pas autant avec les autres élèves-officiers, parce que je ne vis pas avec eux. Et par conséquent, c’est plutôt devenu un emploi, de tout concilier, confie l’Élof White-Crepeau. »

Une partie intégrante du réseau de soutien d’un élève-officier est le Centre de ressources pour les familles des militaires de Kingston (CRFMK), qui offre des services à tout le personnel des FAC à la BFC Kingston, y compris au CMRC. Des programmes et services, comme la garderie et le service de garde avant et après l’école, en plus des activités lors des journées pédagogiques et de la relâche de mars, aident les familles occupées à respecter leur horaire chargé.

Selon l’Élof Vickruck, les programmes utiles du CRFMK peuvent aider les familles à réseauter et fournir une structure de soutien.

« Mon épouse fait partie du conseil du CRFMK, ce qui nous permet de nous tenir au courant des ressources offertes aux FAC, et de rencontrer d’autres familles militaires, raconte Vickruck. »

Leur vie ne se résume pas au stress et aux difficultés; les Élof Vickruck et White-Crepeau disent aimer leurs études, mais selon l’Élof White-Crepeau, les parents qui souhaitent s’inscrire au CMRC devraient suivre ses conseils.

« Ils doivent savoir à quoi s’attendre, explique-t-il. C’est beaucoup de gestion de temps, beaucoup de conciliation, ajoute-t-il. »

« Vous savez, je dois me demander tous les jours quelles tâches je dois faire le lendemain matin, et mon épouse et moi devons faire une coordination au jour le jour, rapporte l’Élof White-Crepeau. À mon retour à la maison, je dois préparer le souper, laver la vaisselle et tout, et je dois aussi trouver du temps pour les devoirs, continue-t-il. Quand arrive 20 h ou 21 h, je suis plutôt crevé. Je me donne ensuite jusqu’à 22 ou 23 h, pour me coucher à une heure décente. Puis, on recommence à 5 h le lendemain matin, relate l’Élof White-Crepeau. »

Les Élof Vickruck et White-Crepeau ne sont pas les seuls étudiants du CMRC qui doivent concilier les études et la vie familiale. Quelques élèves-officiers de milieux divers sont occupés à gérer l’équilibre entre leur vie professionnelle en tant qu’élèves-officiers, et leur vie personnelle en tant que parents ou conjoints.

« Nous ne sommes pas un grand nombre [d’élèves-officiers qui ont des familles]. Je ne connais que deux autres personnes qui ont des enfants. Ils mènent la même vie que les autres élèves-officiers, plus ou moins, mais ont aussi leurs enfants à l’esprit, conclut l’Élof White-Crepeau. »

Source : le Collège militaire royal du Canada