La découverte de la « chaleur manquante » donne lieu à une nouvelle estimation du réchauffement climatique

14 Novembre 2013

Une équipe de recherche interdisciplinaire dit avoir trouvé la « chaleur manquante » du système climatique, ce qui soulève des doutes quant à l’idée d’un ralentissement ou d’un arrêt du réchauffement climatique au cours de la dernière décennie.

Les observations qui servent de base aux relevés climatologiques ne portent que sur 84 % de la surface de la planète, et les régions polaires de même que certaines parties de l’Afrique en sont exclues.

Kevin Cowtan, spécialiste des méthodes computationnelles à l’Université de York, et Robert Way, spécialiste de la cryosphère et doctorant à l’Université d’Ottawa, ont reconstitué les températures « manquantes » en combinant des observations par satellites avec des données provenant de stations météorologiques et de navires situés à la périphérie des régions non couvertes.

Leurs résultats, publiés dans le Quarterly Journal of the Royal Meteorological Society (en anglais), montrent que l’Arctique se réchauffe environ huit fois plus vite que le reste de la planète. Des études précédentes, menées par les services météorologiques britanniques et basées sur l’ensemble de données HadCRUT4, qui ne couvre que les cinq sixièmes du globe, suggéraient que le réchauffement climatique avait beaucoup ralenti depuis 1997. Or, selon la nouvelle étude, si on tient compte des données « manquantes », le réchauffement climatique depuis 1997 est en réalité deux fois et demie plus rapide que selon les études britanniques. L’hypothèse d’un réchauffement rapide de l’Arctique est fondée sur des observations provenant de stations météorologiques situées à haute latitude, de radiosondes et de satellites mesurant la température en basse atmosphère, ainsi que sur une nouvelle analyse des données historiques.

Selon Kevin Cowtan, « les gens pensent que le réchauffement climatique s’est arrêté, mais nos données laissent croire le contraire. En réalité, 16 ans, c’est trop court pour tirer des conclusions fiables. Nous n’avons que peu de preuves d’un quelconque changement dans le rythme du réchauffement climatique. »

« Les changements qui touchent les glaces et les glaciers de l’Arctique depuis une dizaine d’années confirment les résultats de notre étude », ajoute Robert Way. « En produisant un relevé climatique portant vraiment sur l’ensemble du globe, nous souhaitons mieux comprendre les moteurs des changements climatiques récents. »

Source : l'Université d'Ottawa