Le véritable amour favorise la résilience, élimine la peur et apaise le cerveau

2 Mai 2014

Selon une nouvelle étude dirigée par la professeure Sue Johnson de l’École de psychologie de l’Université d’Ottawa, les personnes qui aiment sincèrement et profondément leur partenaire semblent plus calmes, plus fortes et plus résilientes au stress et aux dangers.

Dans la première partie de l’étude, publiée récemment dans PLOS ONE, les couples ont appris à s’ouvrir à leur partenaire et à exprimer leurs attentes et leur besoin de protection dans le cadre d’un dialogue structuré. Ils ont appris les secrets de la sensibilité et des liens émotionnels.

La deuxième partie de l’étude, que nous résumons ici, porte sur les modifications que ces comportements provoquent dans le cerveau. Les chercheurs ont comparé la réaction du cerveau de la partenaire du couple à un signal annonçant l’imminence d’une décharge électrique, avant et après le dialogue avec son amoureux.

L’expérience a porté sur trois cas. Dans le premier, la partenaire était seule dans un scanneur sachant que lorsqu’elle verrait un X rouge à l’écran devant elle, elle courait 20 % de risque de recevoir une décharge électrique à la cheville. Dans le deuxième, un homme étranger lui tenait la main dans la même situation, et dans le troisième, son partenaire lui tenait la main. La partenaire devait aussi coter, en touchant l’écran devant elle après chaque décharge, le degré de douleur perçu.

Avant le dialogue de couple, même lorsque la femme tenait la main de son conjoint, le cerveau de la partenaire s’activait grandement à la menace de la décharge – surtout dans le gyrus frontal inférieur, l’insula antérieure, l’opercule frontal et le cortex orbitofrontal, qui sont les sièges de la peur. C’est dans ces zones que le cerveau réagit aux signaux d’alarme. Les femmes ont indiqué que la décharge était douloureuse dans tous les cas.

Toutefois, après que les partenaires aient été guidés dans un dialogue intense favorisant l’établissement de liens solides (thérapie de couple structurée axée sur les émotions connue sous le nom anglais d’Emotionally Focused Couple Therapy – EFT), le niveau d’activité du cerveau de la partenaire et le degré de douleur signalé ont changé – dans une des situations. Même si les femmes ont tout de même indiqué que la décharge était douloureuse quand elles étaient seules et quand l’étranger leur tenait la main (malgré un petit changement par rapport à la fois précédente), elles ont seulement qualifié la décharge d’« inconfortable » lorsque leur conjoint leur tenait la main. Fait encore plus intéressant : on a enregistré dans le cerveau de ces femmes un degré d’activation minimal face à la menace de la douleur lorsque leur mari leur tenait la main.

Ces résultats confirment l’efficacité de l’EFT et son utilité pour favoriser un attachement profond. Les effets physiologiques sont exactement ceux que l’on attendrait de la création de liens d’attachement. Cette étude est aussi unique en ce sens qu’elle renforce la théorie selon laquelle l’attachement et son effet rassurant sont des éléments essentiels de l’amour romantique entre adultes. Ces résultats ont mis en lumière d’autres conclusions positives sur la relation de sécurité entre adultes, notamment que les mécanismes enclenchés par le sentiment de sécurité favorisent la stabilité et atténuent les réactions devant une menace.

« Il est intéressant de souligner qu’après la thérapie, le réconfort produit par la relation avec le partenaire a modifié la façon dont le cerveau a perçu et encodé la menace, explique la professeure Johnson. Le fait de se sentir aimé et connecté envoie littéralement le signal que l’on vit dans un monde plus sûr. C’est ce qui nous aide à comprendre les nombreux bienfaits physiques et émotionnels documentés d’une relation d’amour basée sur la confiance. Ensemble, nous sommes vraiment plus forts et en sécurité que seuls. »

Source : l'Université d'Ottawa