L’Institut de France salue le père de l’endocrinologie cardiovasculaire, qui a révolutionné la recherche en cardiologie

24 Avril 2014

Le jour où le visionnaire médical Adolfo de Bold a démontré que le cœur, loin de n’être qu’une pompe, avait aussi une fonction endocrinienne,  il a bouleversé le monde de la recherche cardiovasculaire. Trois décennies plus tard, sa découverte révolutionnaire lui vaut l’attribution par l’Institut de France du Grand Prix scientifique Lefoulon‑Delalande, que l’on considère être la plus prestigieuse distinction mondiale dans ce domaine de recherche.

Sa découverte du facteur natriurétique auriculaire (ANF) a entraîné un changement de paradigme en physiologie cardiaque mettant au jour la fonction endocrine du cœur, qui utilise l’ANF pour moduler la pression artérielle, le volume sanguin et la croissance cardiovasculaire sur plusieurs plans. Elle a ouvert de nouvelles avenues pour la recherche en physiologie cardiovasculaire et a permis d’améliorer le diagnostic et le traitement des maladies comme l’hypertension artérielle et l’insuffisance cardiaque. Plus de 29 000 articles scientifiques publiés à ce jour confirment l’importance de cette découverte.

« Tout au long de sa carrière exceptionnelle, Dr. de Bold a été une source d’inspiration pour d’innombrables chercheurs du monde entier et cette illustre récompense de l’Institut de France est un témoignage de son leadership exceptionnel et incontestable, a observé le Dr Thierry Mesana, président directeur général de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa. Son travail de pionnier a contribué à l'excellence et à la réputation exceptionnelle du Canada en médecine cardiovasculaire  à travers le monde. »

« Les chercheurs et toute la communauté universitaire applaudissent cette marque d’estime fort méritée. Ses découvertes quant au potentiel de l’ANF ont permis de diagnostiquer et de traiter des maladies cardiaques débilitantes et de donner à plusieurs générations de gens la chance de vivre en meilleure santé plus longtemps », d’ajouter Mona Nemer, vice-rectrice à la recherche à l’Université d’Ottawa.

C’est la première fois que ce prix, doté de 500 000 euros (soit environ 759 000 $ CAN) est attribué à un Canadien. Il sera présenté à Dr. de Bold le 4 juin 2014, en présence du chancelier de l’Institut de France et du président de l’Académie des sciences. Créé par la Fondation Lefoulon-Delalande, ce prix honore chaque année une personne qui a fait une contribution notoire à la science de la physiologie, de la biologie ou de la médecine cardiovasculaire.

Citoyen canadien originaire d’Argentine, Dr. de Bold a obtenu une maîtrise ès sciences et un doctorat en pathologie expérimentale à l’Université Queen’s de Kingston, en Ontario (Canada).Arrivé à Ottawa en 1986, le professeur de Bold a occupé depuis le poste de vice-président de la recherche à l’Hôpital d’Ottawa et a été le tout premier directeur de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa, l’un des plus importants établissements de recherche cardiovasculaire dans le monde, où il dirige le Laboratoire d’endocrinologie cardiovasculaire. Il est professeur émérite de pathologie et de médecine de laboratoire et de médecine cellulaire et moléculaire à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa.

Les travaux de Dr. de Bold lui ont déjà valu quantité de prix et de distinctions, auxquels vient de s’ajouter son intronisation au Temple de la renommée médicale canadienne.

Source : l'Université d'Ottawa