Lorsque les noms en disent long sur l’histoire

2 Juillet 2012

Le professeur agrégé du Campus Saint-Jean, Carol Léonard, est le nou­veau président de la Société canadienne d’ono­mas­tique, une science qui étu­die les noms, leurs origines, leurs usa­ges et leurs effets sur les soci­étés.  « Nommer un lieu, c’est lui donner vie », croit le spé­cia­liste en topo­nymie franco-cana­dien­ne de l’Ouest.

 

La Société canadienne d’onomastique, créée en 1967, compte aujour­d’hui des spécia­listes en anthroponymie (noms de per­son­nes), toponymie (noms de lieux), ainsi que des experts en noms de marques de commerce et d’institu­tions.

 

Selon lui, les noms reflètent les valeurs et les usages des périodes qui les ont vus naître et de ceux qui leur ont donné vie.  Si l’anglais d’Amérique emprunte autant de génériques d’ori­gi­ne française aujourd’hui, par exemple, les mots « butte », « brule », « coulee », « chute », « co­teau », « prairie », « portage » et « rap­ids », cela tient au fait que les indispen­sables gui­des à l’emploi des Anglo-américains étaient le plus souvent des Franco-métis qui commu­ni­quaient avec eux en français, langue qui jouissait d’un statut élevé à l’époque.

 

Carol Léonard souligne une fonction première du nom de lieu.  Il permet de s’orienter sur un territoire.  « Autrefois, les lacs ne portaient pas tous des noms.  Il était donc difficile de déter­miner exactement de quelle étendue d’eau on parlait lors­qu’il fal­lait éteindre des feux de forêt dans les régions reculées », précise Carol Léonard.

 

« Ce qui est fantastique à l’université, c’est qu’elle permet, si on s’intéresse à un domai­ne qui est reconnu, de décider de l’ori­en­ta­tion de ses recherches, » explique-t-il.  « Mon défi, c’est de satisfaire l’intérêt de la société. »  Ce qu’il faut, c’est recru­ter des membres plus jeunes qui assureront la relève.

 

Le professeur Léonard veut sensibiliser la jeunesse à son travail.  Il s’active à un projet de cartes monu­mentales dans les écoles fransaskoises et sur lesquelles figureront les quel­que 2500 noms francophones des lieux géogra­phi­ques et des loca­lités francophones de la Saskatchewan qu’il a recensés ces dernières années.  L’objectif poursuivi est de permettre aux élèves de s’imprégner de ces cartes et d'y puiser une nouvelle justification à la légiti­mité de leur pré­sence et à celle de leurs revendications.  Pour y parvenir, Carol Léonard a obtenu une aide financière s’élevant à plus de 73 000 $ dont une sub­ven­tion de plus de 55 000 $ du CRSH (le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada).

 

Source : le Campus Saint-Jean, Université de l'Alberta

 

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