Une étude unique sur les parents adoptifs fait ressortir le manque de soutien après l’adoption

13 Août 2013

Une chercheuse de l’Université d’Ottawa, professeure Alice Home, vient de faire paraître une vidéo en quatre parties (en anglais seulement) présentant les conclusions d’une nouvelle étude intitulée Parents adoptifs d’enfants à besoins spéciaux : perspectives de divers acteurs sur les expériences et besoins de ces parents. Il s’agit de la première étude à s’intéresser à la perspective d’un si vaste groupe de personnes directement concernées dans plus d’une région du Canada. Les conclusions de cette étude confirment les obstacles de taille que doivent surmonter les parents adoptifs, notamment le manque de soutien après l’adoption et la complexité entourant la découverte et la compréhension des besoins particuliers d’un enfant.

« Malheureusement, les troubles comme le syndrome d’alcoolisation fœtale, le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité ou l’autisme sont parfois diagnostiqués chez les enfants une fois les démarches d’adoption terminées, lorsque les enfants sont déjà des bambins ou même plus âgés », explique Alice Home, professeure émérite à l’École de service social de l’Université d’Ottawa et mère adoptive d’enfants ayant des besoins spéciaux. « Il arrive aussi que les enfants ne soient pas bien diagnostiqués, ce qui crée de la confusion chez les parents, qui tentent de rassembler eux-mêmes tous les morceaux du casse-tête avec des ressources limitées. De plus, les parents qui adoptent un enfant à l’étranger ne sont pas toujours conscients des difficultés insoupçonnées qui risquent de survenir après l’adoption. »

L’étude porte sur les parents adoptifs d’enfants âgés de un à douze ans dont les besoins particuliers ou les difficultés découlent principalement d’un trouble, d’un handicap ou d’une maladie. Les 26 entrevues réalisées auprès de parents adoptifs de la Colombie-Britannique et de l’Ontario, de leurs associations et de travailleurs sociaux ont produit une fructueuse récolte de données sur les difficultés que vivent ces parents, le soutien qu’ils reçoivent, les besoins à combler et leurs priorités. Des parents autochtones, immigrants et francophones, dont certains ont opté pour l’adoption internationale, ont participé à cette étude. Les familles choisies étaient de taille variable, et plusieurs étaient monoparentales.

En publiant cette vidéo, réalisée lors d’ateliers destinés à de petits groupes sur l’adoption et les enfants ayant des besoins spéciaux, la professeure Home espère rendre les résultats de son étude et les commentaires du milieu accessibles à tous. « Les parents ont souvent du mal à trouver de l’aide. Ils ne veulent pas montrer qu’ils sont dépassés et craignent de se faire dire qu’ils n’auraient pas dû adopter leur enfant. En leur facilitant l’accès à l’information que nous avons recueillie, nous espérons que ces parents se sentiront moins isolés dans l’épreuve. »

Le Canada a produit peu d’études pour guider ces familles ou les personnes qui voudraient les aider. « Soixante pour cent des enfants de 12 ans et plus qui ont été adoptés d’une famille d’accueil aux États-Unis ont reçu des services pour des raisons de santé mentale ou d’autres troubles, précise Sarah Pedersen, directrice générale du Conseil d’adoption du Canada (CAC). Même si nous n’avons pas de statistiques comparables pour le Canada, les conclusions de la professeure Home nous donnent une bonne idée du nombre de cas d’enfants ayant des besoins spéciaux. »

Malgré les troubles dont ils sont atteints, les enfants peuvent se porter très bien dans des familles adoptives conscientes des besoins des enfants et bien outillées pour les aider. La CAC a lancé un sondage en ligne en Colombie-Britannique et en Ontario pour voir dans quelle mesure les conclusions de cette étude réalisée sur un petit échantillon seraient comparables à celles d’une étude sur une population semblable, mais plus vaste.

Consultez et faites connaître le sondage (en anglais seulement).

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Source : l'Université d'Ottawa