Une nouvelle découverte établit un lien entre les médicaments anticancéreux et la réparation musculaire

16 Octobre 2012

Peu de médicaments traitent les blessures musculaires, l’amyotrophie et les maladies génétiques liées à la dégénération des muscles, comme la dystrophie musculaire de Duchenne. C’est pourquoi la découverte récente du groupe de recherche dirigé par Robert Korneluk, professeur éminent de la Faculté de médecine à l’Université d’Ottawa et fondateur de l’Apoptosis Research Center à l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO), parue aujourd’hui dans Science Signaling, suscite un vif intérêt.

« Nous savons que cinq sociétés pharmaceutiques effectuent des essais cliniques de phase 1 avec certains médicaments pour traiter les patients atteints de cancer, a expliqué le Dr Korneluk. Ces médicaments anticancéreux visent les gènes des protéines inhibitrices de l’apoptose (IAP), famille importante des facteurs de survie des tumeurs découverts par le groupe du CHEO il y a plus de 15 ans. À l’époque, nous examinions le rôle des gènes des IAP dans le cancer et la maladie musculaire, c’est pourquoi il nous a semblé logique d’évaluer l’efficacité de ces médicaments dans les deux états pathologiques. »

L’équipe de recherche du Dr Korneluk a découvert que les médicaments ciblant les IAP qui favorisent la mort des cellules cancéreuses entraînent également la croissance et la réparation musculaire. De plus, elle a déterminé le mécanisme de ce processus en activant une voie de signalisation ou de communication cellulaire. Cette voie régit la croissance et la réparation des muscles en favorisant la fusion des cellules musculaires afin de créer de nouvelles fibres musculaires ou de réparer les fibres endommagées.

« À notre avis, il est raisonnable de procéder aux essais cliniques en s’appuyant sur cette méthodologie dans les prochaines années, a déclaré Eric LaCasse, associé de recherche scientifique au CHEO. Les organismes de réglementation ont besoin de données probantes démontrant l’innocuité du médicament, qui sera prouvée par les essais actuels relatifs au cancer. Ils ont également besoin d’une justification fondée sur des faits sur laquelle nous avons travaillé fort pour l’annoncer aujourd’hui. »

En outre, l’équipe de recherche a découvert qu’il est possible de répéter certains effets des médicaments renforçant les muscles en utilisant un facteur de croissance que l’on trouve normalement dans le corps, nommé TWEAK. L’administration de faibles quantités de TWEAK a activé la même voie de signalisation et a favorisé la réparation des tissus musculaires endommagés.

Eric LaCasse, Emeka Enwere, Janelle Holbrook, Rim Lejmi-Mrad, Jennifer Vineham, Kristen Timusk (du CHEO) et Baktharaman Sivaraj, Methvin Isaac, David Uehling et Rima Al-awar (de l’Institut ontarien de recherche sur le cancer) font partie de l’équipe de recherche dirigée par Robert Korneluk.

Le projet de recherche a été financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Howard Hughes Medical Institute (HHMI), l’American Muscular Dystrophy Association (MDA-US) et l’Institut ontarien de recherche sur le cancer.

 

Source : l'Université d'Ottawa