Vous vous pensez gaucher? Vous êtes peut-être ambidextre — et plus rapide

29 Avril 2014

En comparant les gauchers et les droitiers dans leur façon de traiter l’information, le professeur François Tremblay, de la Faculté des sciences de la santé, et Travis Davidson, doctorant en sciences de l’activité physique, ont fait une découverte fort intéressante : environ la moitié des gens qui se considèrent comme gauchers sont en fait ambidextres.

De plus, certaines études prétendent que les personnes les plus rapides pour traiter l’information d’un hémisphère à l’autre seraient les gauchers, alors que ce sont en fait les ambidextres. « Le fait que beaucoup de gauchers sont en réalité ambidextres vient remettre en question les résultats d’études antérieures, affirme le professeur Tremblay. Nos résultats confirment que les personnes à tendance ambidextre exécutent plus rapidement les tâches qui nécessitent l’usage des deux mains — comme dactylographier ou texter —, peut-être parce que leur cerveau est aussi plus interconnecté. »

Le professeur Tremblay et son équipe voulaient obtenir des résultats plus précis dans le cadre de leurs recherches. Au lieu de simplement demander aux participants s’ils étaient gauchers ou droitiers, ils ont eu recours à une série d’outils d’évaluation, y compris des questionnaires de préférence manuelle et des épreuves d’efficience manuelle.

Dans l’un des questionnaires, les participants devaient indiquer quelle main ils préféraient utiliser pour différentes tâches. Ensuite, on les situait sur une échelle allant de gaucher à droitier, avec les ambidextres au milieu. Quant à l’exercice d’adresse, il permettait d’évaluer les différences de dextérité entre la main gauche et la main droite. Les personnes classées ambidextres exécutaient les tâches aussi habilement d’une main que de l’autre. De plus, en stimulant le cerveau par des méthodes non invasives, les chercheurs ont découvert que, comparativement aux gauchers et aux droitiers, les ambidextres présentaient non seulement une meilleure dextérité des deux mains, mais aussi une plus grande vitesse de transfert de l’information entre les deux aires motrices du cerveau.

L’étude soulève l’hypothèse selon laquelle il pourrait être beaucoup plus utile de s’intéresser aux différents degrés de manualité que d’utiliser des classifications simples telles que gauchers-droitiers. Elle soulève également toute une série de nouvelles questions : les ambidextres sont-ils nés ambidextres? Le sont-ils devenus après avoir été forcés, en tant que gauchers, de se conformer à la norme dans un monde de droitiers?

Le professeur Tremblay poursuit ses recherches sur la manualité et les processus de latéralisation cérébrale. À suivre!

Pour plus de renseignements sur l’étude : http://www.plosone.org.proxy.bib.uottawa.ca/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0070286

Source : l'Université d'Ottawa